Stéphane Mullier, courtier financier pour les entreprises, dirige son agence CrediPro, au cœur de Chartres. Sa clientèle est majoritairement constituée de TPE et de PME. Il constate une forme de frilosité du système bancaire face à la demande de crédits des entre- prises des secteurs les plus touchés par la crise sanitaire.

« Depuis le début du mois de janvier et face à l’instabilité de la situation sanitaire, avec ses conséquences sur les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie, des bars et du petit commerce, j’ai constaté une forme de durcissement des réponses de mes interlocuteurs bancaires sur les demandes de crédits aux petites entreprises », assure Stéphane Mullier, patron de l’agence CrediPro à Chartres.

Appel au crowdfunding

Stéphane Mullier, CrediPro Eure-et-Loir

Stéphane Mullier, CrediPro Eure-et-Loir

Le sentiment du professionnel chartrain est corroboré par l’attitude des conseillers bancaires de la place, qui exigent, pour les dossiers d’investissement proposés, un apport personnel plus important qu’avant la crise sanitaire ; et observent également le curriculum vitae du porteur du projet pour analyser son expérience professionnelle. Les boulons se resserrent également du côté de la vérification et de l’analyse des trois bilans d’activité, qui doivent être positifs. « Il faut rappeler que les conseillers bancaires sont actuellement absorbés massivement par le montage et l’étude des dossiers des PGE (prêts garantis par l’État, NDLR). Ceci se traduit par un allongement des délais de réponse pour les autres demandes d’emprunt des TPE. Il faut juste rappeler que les PGE constituent pour les entreprises un endettement supplémentaire. Et, à ce titre, les PGE apparaissent dans leur ratio de capacité d’emprunter ou pas. Ils jouent aussi sur la note de la Banque de France concernant la santé de l’entreprise », assure Stéphane Mullier qui reste réaliste et ne pense pas que cela soit dû à une attitude excessive des banquiers, mais surtout à la hausse du risque de faillite et de défaillance des entreprises, dans les secteurs touchés par la crise et qui n’ont pas, ou peu, d’activité.

Le courtier et son groupe, CrediPro, cherchent par ailleurs à diversifier leurs sources de financement des dossiers de leurs clients : « Actuellement, nous avons passé des accords de partenariat avec des plateformes de crowdfunding, pour permettre un financement plus facile des petits dossiers, par le biais de petites sommes d’endettement ou par des prises de participations dans le capital. »

Ahmed Taghza
L’Écho Républicain – Entreprendre

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