Pour les banques, le second confinement est un véritable casse-tête. Quelles solutions proposer aux entreprises dont les difficultés s’accumulent ? Comment accompagner les nouvelles entreprises dans ce contexte difficile qui risque encore de perdurer ?

Au printemps dernier, le confinement s’était accompagné de mesures fortes pour soutenir les entreprises, notamment via l’instauration des prêts garantis par l’Etat. Les banques avaient alors fait de grands efforts pour distribuer ces « PGE ». Or, depuis le début du second confinement, les consignes gouvernementales se font moins claires en la matière. Perturbées, de nombreuses banques s’en remettent au statu quo et attendent d’y voir plus clair pour trouver des solutions. Il est pourtant urgent d’agir maintenant pour soutenir des entreprises de plus en plus fragilisées.

1/ Mettre en place des différés d’amortissement

La première urgence est d’éviter aux entreprises de se retrouver en défaut de paiement, alors que leur activité était viable avant-crise. Il est donc aussi simple qu’urgent de mettre en place des différés d’amortissement pour ces sociétés, c’est-à-dire de reporter à plus tard leurs remboursements. Naturellement, cette option ne doit pas être systématique, notamment pour éviter des cas de surendettement sans issue viable. Toutefois, dans la plupart des cas, le report des remboursements à la mi-2021, voire à l’année 2022 pour les PGE, permettra de donner de l’oxygène aux entreprises qui en ont besoin. Ces reports, permettant un remboursement dans de meilleures conditions, permettront d’éviter de nombreuses faillites.

2/ Distribuer le PGE à toutes les entreprises

Pour offrir aux entreprises un maximum de souplesse dans la situation actuelle, il est également utile de donner accès au PGE à toutes les sociétés, y compris à celles qui ne semblent pas en avoir immédiatement besoin. Au printemps, les demandes de PGE avaient souvent été refusées aux entreprises n’ayant pas de difficultés de trésorerie. Ainsi, les entreprises à la gestion rigoureuse n’ont parfois reçu aucune aide, tandis que d’autres, moins robustes, ont bénéficié de prêts importants à taux très bas. Pour éviter de fausser la concurrence, et pour éviter de mettre en difficulté leurs clients les plus sains, les banques ont tout intérêt à recontacter les entreprises concernées pour leur proposer d’elles-mêmes les soutiens initialement sollicités.

3/ Avoir recours au lease-back

Lorsqu’une entreprise ne veut pas ou ne peut pas s’endetter davantage, il est possible d’avoir recours au lease-back. L’idée est simple : il s’agit de refinancer les actifs dont l’entreprise est propriétaire. La banque peut par exemple acquérir les biens immobiliers de l’entreprise pour une durée déterminée, pendant laquelle l’entreprise deviendra locataire de ses locaux. La cession du bien permet à l’entreprise de bénéficier d’une importante trésorerie et de faire face à ses dépenses sans avoir à contracter un nouveau prêt ou à renégocier les échéances de sa dette. L’opération ne se limite pas seulement aux biens immobiliers : de nombreux actifs du bilan peuvent ainsi être refinancés via un processus de lease-back. Cette solution ne s’adresse bien sûr pas à toutes les entreprises, mais peut constituer une solution sur-mesure des plus intéressantes.

4/ Continuer à financer les nouvelles entreprises

D’autres problèmes se posent pour les entreprises en cours de création, à la recherche de financements. Certes, la plupart des banques continuent de traiter les demandes de prêts et à financer les projets viables. Néanmoins, le « reconfinement » pousse de nombreux établissements à exiger davantage de garanties, voire à freiner le versement des prêts en attendant d’y voir plus clair. Cette attitude doit être évitée à tout prix : la restriction du crédit ne peut qu’entraîner un cercle vicieux en accentuant le ralentissement économique et les difficultés ultérieures.

5/ Offrir aux nouvelles entreprises des conditions avantageuses

Enfin, dans la continuité du point précédent, les banques ont tout intérêt à offrir aux nouvelles entreprises des conditions de remboursement exceptionnellement avantageuses. De fait, l’activité des jeunes pousses ne pourra pas démarrer dans de bonnes conditions. Leurs prévisions financières risquent d’être revues à la baisse et le remboursement de leur dette sera plus difficile. L’idéal est donc d’anticiper cette situation et de proposer aux entreprises de démarrer les remboursements dans 6 mois au minimum. D’ici-là, une probable campagne de vaccination devrait avoir permis, espérons-le, de stabiliser la situation sanitaire et de retrouver un niveau d’activité normal.

 

Véronique Gentilhomme, directrice du réseau CrediPro

Véronique Gentilhomme
Responsable Développement du réseau CrediPro

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