Par rapport au milieu des années 2010, la situation économique et financière des PME-TPE françaises s’est améliorée. La plupart des ratios comptables permettant d’apprécier la santé des entreprises ont évolué de façon positive, tout en demeurant généralement à des niveaux moins favorables que dans les années d’avant-crise. Les TPE demeurent plus fragiles que les PME. L’accès au crédit n’a jamais été aussi aisé, tant pour les PME que pour les TPE. Les crédits sont particulièrement dynamiques et leur coût très bas. La relation PME/TPE-banque est plutôt satisfaisante et s’est améliorée au cours des dernières années. Toutefois, trois points doivent retenir l’attention : i) la question des délais de paiement ; ii) le renforcement des compétences financières des dirigeants de petites entreprises (point sur lequel la Banque de France a récemment engagé différentes actions) et iii) les défis majeurs à venir (comme la transformation numérique ou la prise en compte des questions environnementales).

L’Observatoire du financement des entreprises réunit les principales organisations représentatives des entreprises et du secteur financier, des acteurs publics du financement, les réseaux consulaires et les principaux pourvoyeurs de statistiques publiques et de diagnostic économique.

Les rapports de l’Observatoire font l’objet d’un consensus entre les institutions qui en sont membres, et les travaux conduits tout au long de l’année 2019 ont conduit à la parution d’un rapport, le 18 décembre 2019, sur le « Financement des PME-TPE ». Les derniers panoramas complets de la situation économique et financière des PME et des TPE, réalisés par l’Observatoire, dataient, en effet, de quelques années. Il était important de faire aujourd’hui, dix ans après la crise, un point complet sur le financement des entreprises, centré sur les PME et, plus précisément, sur les TPE.

 

1 Une amélioration progressive de la situation économique et financière des PME-TPE

Par rapport au milieu des années 2010, la situation des PME-TPE s’est améliorée. La plupart des différents ratios comptables permettant d’apprécier la santé des entreprises se sont améliorés de façon significative, tout en demeurant généralement à des niveaux moins favorables que dans les années d’avant-crise.

C’est, notamment, le cas des taux de marge ou des différents ratios mesurant la rentabilité des entreprises. L’année 2018 aurait toutefois enregistré une évolution légèrement défavorable au vu des premières données disponibles.

Les capitaux propres des PME se sont renforcés, de façon plus marquée ces dernières années par rapport au début de la décennie. La contribution des résultats joue un rôle déterminant dans cette évolution sur les années 2014 à 2017.

L’effort d’investissement des PME demeure, sur la décennie, en deçà de ce qu’il était avant-crise, restant donc assez peu dynamique. Toutefois et, en partie, en lien avec le manque de dynamisme de l’investissement, l’autofinancement de ces investissements a progressé de façon sensible, favorisé par la hausse des profits, elle-même permise par l’amélioration des taux de marge et la baisse des charges d’intérêt. De même, la situation en matière de trésorerie s’est sensiblement améliorée, la part de la trésorerie dans le bilan des PME s’étant renforcée. Cette évolution a pu s’opérer dans un contexte de besoin en fonds de roulement relativement stable, « figé », notamment, par des indicateurs en matière de délais de paiement qui n’ont quasiment pas évolué au cours des dernières années.

 

2 Un accès au crédit facilité

Les sources de cet endettement ont très peu évolué pour les PME depuis quinze ans, à la différence des grandes entreprises (GE) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI), pour lesquelles la désintermédiation par le recours au marché s’est poursuivie. En 2017, 85% des dettes financières des PME sont formées de crédit bancaire et cette proportion était la même en 2005. La part du crédit-bail demeure significative pour les PME (à la différence des GE et des ETI). Inversement, le financement
direct par le marché, marginal en 2005 (2%), s’est accru (5% en 2017), bénéficiant plus particulièrement
à certaines catégories de PME (de plus grande taille, internationalisées, innovantes).
Le coût du financement n’a jamais été aussi bas. C’est, en particulier, le cas du financement bancaire, principale source de financement pour les PME-TPE. Du fait de l’action de la politique monétaire, de sa bonne transmission par les banques et de la forte concurrence entre les réseaux sur ce segment de clientèle, les taux sont à des plus bas historiques, avec un mouvement de baisse assez net entre 2012 et 2017. Ce mouvement concerne : i) toutes les tailles d’entreprises (les taux payés par les plus petites sont un peu plus élevés que ceux payés par les plus grandes, ce qui est cohérent avec leur profil de risques, mais les écarts de taux se sont réduits); ii) toutes les catégories de cotation (les taux payés par les entreprises les moins bien cotées demeurent plus élevés que ceux payés par les mieux cotées) et iii) tous les objets de prêts et maturités de crédit (équipement, immobilier, trésorerie, découverts,
avec cependant une baisse moins rapide pour les taux s’appliquant aux découverts). Ce mouvement général de baisse des taux n’est pas propre à la France. Il est commun aux autres pays de la zone euro, mais les taux demeurent plus bas en France.
Les crédits bancaires, tels que retracés par les bases de la Centrale des risques de la Banque de France, sont particulièrement dynamiques depuis quelques années.
Le Haut Conseil de stabilité financière suit précisément ces tendances et a pointé les risques qu’elles font peser sur le plan de l’endettement excessif. En moyenne, la progression sur douze mois des nouveaux crédits aux PME est de + 4% sur les dernières années, mais ce rythme était de + 2% en 2014-2015 et il est supérieur à + 6% depuis mi-2018. Pour les TPE la progression est même plus forte, dépassant + 8% depuis mi-2018.
Elle est tirée par la hausse des crédits immobiliers et, sur la période très récente, des crédits de trésorerie.
L’accélération des encours pour les crédits d’équipement est également nette. Au vu de la distribution des crédits aux différentes catégories de cotation des entreprises, il apparaît que le crédit est octroyé à l’ensemble des  entreprises (à l’exception des entreprises aux cotations les plus dégradées).

Si des demandes de crédit sont refusées, ce n’est lié (« toutes choses égales par ailleurs ») ni à la taille de l’entreprise, ni à son ancienneté (dès lors que le stade de la création est passé), ni à son secteur, mais à sa situation financière, qui peut être résumée par des indicateurs de solvabilité et de rentabilité. Ceci est particulièrement vrai pour les PME. Pour les TPE, la primauté des indicateurs de solvabilité et de rentabilité est également vérifiée. En revanche, l’effet taille peut jouer (les TPE avec un plus grand nombre de salariés ont plus de chances d’obtenir satisfaction à leur demande de crédit) et si aucune différence ne peut être faite entre l’industrie et les services, les TPE du bâtiment obtiendraient, à bilan identique, moins facilement un crédit.
L’exigence de garanties, par les banques, pour les PME (lorsque les demandes ont été acceptées) s’est plutôt relâchée au cours de la décennie. La situation est sur ce point moins claire pour les TPE. Il est également confirmé que l’accès au crédit pour des investissements immatériels est plus compliqué pour les PME et les TPE; dans ces cas, le recours à l’autofinancement est plus fréquent.

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